Chaque trimestre, nous passons en revue les articles les plus significatifs sur la santé mentale au travail. Ce trimestre : temps de travail à l’ère de l’IA, congés santé mentale, et les psychologues du travail qui s’installent dans les entreprises.
Le débat sur le temps de travail se relance
Le journal Le Monde a consacré un dossier complet en février à la question du temps de travail à l’ère de l’intelligence artificielle. Si les gains de productivité promis par l’IA se matérialisent, faut-il réduire le temps de travail ? Plusieurs économistes et psychologues du travail interrogés plaident pour une approche centrée sur la qualité du travail plutôt que sur sa seule durée.
Le Monde, dossier « Temps de travail à l’ère de l’IA », 14 février 2025
Les « mental health days » s’installent en France
Les Échos ont publié une enquête sur la montée en puissance des congés santé mentale dans les entreprises françaises : 1 à 3 jours supplémentaires par an, sans justification médicale, dédiés au ressourcement psychologique.
La psychologue du travail interrogée nuance : si le geste est symboliquement important, il ne doit pas se substituer à une politique de prévention des RPS sérieuse. On ne soigne pas une organisation malade avec des jours de congé supplémentaires. Un avis que nous partageons entièrement.
Les Échos, « Les congés santé mentale s’installent en entreprise », 3 mars 2025
Grand reportage : les psys débarquent en entreprise
Le magazine Management a consacré son dossier de mars à la montée en puissance des psychologues du travail comme acteurs intégrés des entreprises — intervenant désormais en amont : diagnostic organisationnel, accompagnement des transformations, animation de groupes de pairs pour managers.
Management, « Les psys débarquent en entreprise », mars 2025
Notre analyse
Ces trois tendances convergent : la santé mentale au travail passe du statut de sujet tabou à celui d’enjeu stratégique reconnu. C’est un progrès réel. Mais il faut veiller à ce que cette montée en visibilité ne se traduise pas par une privatisation du problème — faire porter la responsabilité du mal-être sur les individus plutôt que sur les organisations qui en sont les premiers déterminants.
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